Arts, Spectacles et Médias
Alphonsius Ategha : Le sous-titrage plutôt que le doublage | Alphonsius Ategha : Le sous-titrage plutôt que le doublage |
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| Écrit par Maurice Simo Djom | |||||||
| 03-06-2009 | |||||||
Traducteur et sous-titreur, il conseille aux réalisateurs camerounais de confier leurs œuvres aux mains expertes.
Occasion d’apprendre qu’il existe trois modes majeurs de traduction audiovisuelle : le doublage encore appelé synchronisation labiale ; le sous-titrage qui permet de passer du code oral au code écrit et enfin la voix off, majoritairement utilisée dans les documentaires de télévision. Question : qu’est-ce qui est approprié pour le cinéma camerounais, le doublage ou le sous-titrage ? Au cours du colloque, un traducteur en service au ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Alphonsius Ategha, a dit préférer le sous-titrage au doublage dans le contexte du Cameroun : «Le doublage mutile complètement la bande son. Le cinéphile a l’impression que le film a été tourné originellement dans la langue qu’il est en train de suivre. Pourtant le sous-titrage conserve la bande son et mutile juste quelque peu la bande image.» Le Cameroun disposant de deux langues officielles, poursuit cet ancien étudiant de l’Ecole supérieure de Traduction et d’interprétation de Buéa, «on pourrait également faire usage du sous-titrage pour promouvoir le bilinguisme Avec le doublage, on a l’impression qu’on phagocyte un groupe linguistique. Par contre, avec le sous-titrage, vous avez la bande son originale, vous avez aussi le texte dans l’autre langue qui défile au bas de l’écran. C’est également une approche utilisée pour l’apprentissage des langues.» Le Cameroun rentrerait alors dans la catégorie des pays qui, comme la Belgique, le Canada ou les Pays-Bas, ont résolument opté pour le sous-titrage pour des raisons d’ouverture linguistique. Alors que des pays comme l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, anciens bastions du fascisme, ont préféré le doublage pour des raisons idéologiques : le credo étant en quelque sorte de prévenir que les langues d’autrui prospèrent chez soi : «Le cas de la France est différent. Ce pays a adopté le doublage pour des raisons stratégiques : il s’agit de combattre l’hégémonie de l’anglais américain et de protéger le prestige de la langue de Molière considérée en France comme la langue de la classe intellectuelle». Ce plaidoyer, Alphonsius Ategha le mène en haut lieu. De commun accord avec un traducteur et un interprète, comme lui co-promoteurs de «Communication facilitators», une firme privée basée à Yaoundé, il a initié une démarche auprès des autorités pour proposer le sous-titrage en lieu et place du doublage. Rédigé en anglais, le document porte un nom dont la traduction française donne ce qui suit : «La puissance de la traduction audio-visuelle, de la traduction multimedia : le cas du Cameroun, les documentaires et les films diffusées sur les chaînes camerounaises : doublage ou sous-titrage ?» : «En mai 2009, nous avons envoyé ce document aux services du premier ministre, au ministère de la communication, au ministère de la Culture. Nous proposons que le sous-titrage soit adopté comme le mode de traduction approprié pour des films au Cameroun. Cela n’exclue pas le doublage dans le cadre des films pour enfants». Alphonsius Ategha a un deuxième combat à mener : convaincre les réalisateurs camerounais de confier leurs œuvres entre des mains expertes : «La plupart des doublages camerounais que j’ai vus étaient l’œuvre de personnes qui n’ont aucune formation.» L’ancien pensionnaire de Subtitling Worldwide se dit l’auteur du sous-titrage du discours inaugural de Barack Obama: «J’ai effectué cette traduction en français à la demande de Subtitling Worldwide à Haarlem aux Pays Bas où j’ai suivi ma professionnalisation dans le sous-titrage».
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